Un parc évolutif à la Porte de Ninove

23 600m2
769 000
BASE
Les urbanistes de Suède 36, accompagnés des paysagistes de Base, viennent d’être désignés pour développer un projet de parc évolutif sur la porte de Ninove.

Ce lieu est depuis des années un chancre vide. Il est appelé aujourd’hui à devenir un espace vert et animé qui fera le lien entre les trois quartiers qui l’entourent. Dynamique, en évolution permanente, la zone possède un grand potentiel pour devenir un nouveau pôle attractif. A la fois pour les habitants, les usagers mais aussi à l’échelle de la Région.

UN POUMON VERT POUR LA PORTE DE NINOVE
Le dialogue avec les habitants a permis de mettre en valeur l’envie d’un véritable poumon vert et d’un espace central unitaire. Le dessin du parc recherche ainsi une couverture végétale maximale. Une vaste prairie de plus de 170 m de long est aménagée au centre du parc. Autour de la prairie, un «cadre» accueille les différentes circulations et le mobilier. Le cadre offre également de nombreuses îles végétalisées, traitées comme des jardins. La composition du parc s’organise sur des lignes courbes et douces.

TOPOGRAPHIE
La concertation a fait ressortir le besoin de protection par rapport aux nuisances routières environnantes tout en maintenant un espace ouvert et visible de toutes parts. Ce double objectif nous incite à travailler le parc en une succession d’anneaux inclinés, permettant, par un jeu de gradins, de se protéger des nuisances tout en offrant un espace ouvert. La concertation a aussi mis en exergue la nécessité de révéler le tracé historique de l’écluse, enfouie 1,50m sous terre et présentant des niveaux de pollution trop importants pour être révélés en surface. Le dessin des différents anneaux est ainsi directement issu du relevé archéologique de l’écluse, permettant d’inscrire le parc dans l’histoire plus ancienne du site. La topographie (50 cm maximum de dénivelé entre deux anneaux) permet une déclivité assez fine pour être pratiquée par tous, tout en évitant la monotonie d’une surface plane. Elle permet également de ne pas monopoliser l’espace vert autour d’une seule activité. Le travail de topographie permet ensuite l’implantation de longs bancs linéaires épousant la courbe des anneaux et servant de points d’observation et de repos pour tous les publics. La géométrie singulière des gradins permet enfin d’offrir une nouvelle image forte et unitaire.

CADRE ET ACCROCHES URBAINES
Autour de l’espace vert central, un cadre parsemé d’îles vient accueillir les circulations principales, les circulations douces et les voiries carrossables le long de l’écluse et le long des futurs logements Slrb. Lors des ateliers, plusieurs groupes ont également souligné l’intérêt de développer des «accroches» plus urbaines sur le pourtour du parc. Ces placettes ont l’objectif de lier l’espace vert à son environnement par l’intermédiaire des traversées. Elles marquent les «entrées» du parc, deviennent des repères, des lieux de rendez-vous identifiables. Chacune de ces entrées aura une identité paysagère spécifique, qui sera affinée dans l’évolution du projet. Elles se différencient déjà par leur fonctionnalité. Au croisement des quartiers, proche du pont de l’écluse, la placette sera animée par un kiosque. Les entrées le long de la petite ceinture et au bout de la rue Heyvaert fonctionneront comme des petits salons urbains. Le long du canal, quai de l’industrie, un espace plus communautaire avec des tables de pique-nique : des grandes tables pour se rassembler, manger ensemble ou encore accueillir des classes pour une animation autour de l’écluse en profitant d’une vue sur le canal.
Pour la majorité des participants aux ateliers, l’éclairage n’est pas indispensable sur l’ensemble de la surface du parc. Surtout que l’option «nature» sous-entend un respect pour le rythme jour/nuit. Cependant, le cadre autour du parc, notamment le long de l’écluse, le long de la desserte SLRB et en particulier ces «accroches» périphériques seront des lieux à bien éclairer.

MOBILIER
Compte tenu du budget limité, nous proposons de réutiliser des structures de bancs, de tables et du mobilier déjà existants, de les uniformiser par une couleur, une essence de bois (pour les bancs et les tables) et un gabarit propre au Parc de la Porte de Ninove. Cette astuce nous permet non seulement d’équiper le parc dès sa première phase d’aménagement. Selon les accroches/entrées du parc, on retrouvera des grands bancs, des tables de pique-nique, des bornes d’eau potable, des poubelles, des râteliers pour les vélos. L’équipement du parc et son aménagement restent dans la démarche d’évolutivité. Le mobilier est donc pensé pour évoluer, il sera possible de tester les emplacements et de les adapter selon les usages observés, d’ajouter du mobilier, d’agrandir ou de diminuer les longueurs d’assises.

KIOSQUE
À côté de l’aspect paysager, notre proposition intègre un «kiosque». Le parc devra aussi remplir sa fonction de lieu de rencontre, de rassemblement. Dans ce lieu de référence, un bar, une terrasse et des animations assureront une occupation régulière et une surveillance sociale sur le parc. Un élément ludique est intégré à cette structure toute simple. On pourra accéder à une plateforme sur le sommet et observer le parc, le canal et l’écluse. Ce lieu ne sera pas purement commercial. Il devra remplir une mission sociale et culturelle : petits concerts, lieu de réunions de quartier, point info, départ de balades thématiques historiques, etc. La demande récurrente pour des toilettes dans les parcs pourrait être intégrée et gérée efficacement par un tel projet.

JARDINS PIONNIERS
La concertation a également fait ressortir l’importance de la présence de l’eau sur un site situé autrefois à l’intersection du canal et de la Senne. Si le site est trop restreint pour offrir une surface en eau vive, un étang ou une fontaine, l’eau trouve sa place par la création de deux jardins humides, où la végétation caractéristique de la vallée de la Senne peut s’épanouir librement. Cette végétation est alors dite «pionnière» car elles sont les premières espèces à s’implanter dans des conditions que beaucoup d’autres végétaux de pourraient pas supporter. En poussant, elles contribuent à enrichir leur milieu et à autoriser d’autres plantes à s’y installer. Les deux jardins coïncident avec les deux points les plus bas du site : le long de l’ancien passage du canal et au centre de la prairie.

Page FB : https://www.facebook.com/parcNinove/?pnref=story

Cette étude est pilotée par Bruxelles-environnement (qui assurera la gestion future du parc) et financée par Bruxelles-Mobilité et supervisée par la cellule bMa. Les travaux seront financés et pilotés par Beliris.